15 octobre 2008
Histoire d'un trav'
Dans "Autoportrait au miroir fêlé" de Alain Guillard (Gaspard Nocturne 2001), j'y ai retrouvé un certain Guigui. Extrait p.60 :
" Il m'enlace et m'embrasse. (...) Je ne tremble plus. Il m'a accepté. Je ne tremble plus, et même je suis presséE. PresséE, qu'il me touche, me découvre , baves vertes des saules au-delà des balcons. (...)
La jupe qui se déroule à ma taille, libérée de l'étreinte du pantalon. (...)
Je m'avance vers lui, brûléE par l'audace, lui saisissant la paume, l'embrassant. "
14 octobre 2008
Camille (extrait 4)
" nous causions souvent de longues heures, mon amie et moi. J'allais la trouver à son lit et mon bonheur était de lui rendre ces petits soins que donne une mère à son enfant. Peu à peu je pris l'habitude de la déshabiller. Ôtait-elle une épingle sans moi, j'en étais presque jalouse ! Ces détails paraîtront futiles sans doute, mais ils sont nécessaires.
Après l'avoir étendue sur sa couche, je m'agenouillais près d'elle, mon front effleurant le sien. Ses yeux se fermaient bientôt sous mes baisers. Elle dormait. Je la regardais avec amour, ne pouvant me résoudre à m'arracher de là. (...) Ce que j'éprouvais pour Sara, ce n'était pas de l'amitié, c'était une véritable passion ! Je ne l'aimais pas, je l'adorais !
Ces scènes se renouvelaient tous les jours.
Souvent je me réveillais au milieu de la nuit. Alors je me glissais furtivement près de mon amie, me promettant bien de ne pas troubler son sommeil d'ange, mais pouvais-je contempler ce doux visage sans en approcher les lèvres ? "
Camille (extrait n°3)
" C'était alors une hilarité folle ! Moi seule assistais à cette baignade en spectateur. Qui m'empêcha d'y prendre part ? Je n'aurais pas pu le dire alors. Un sentiment de pudeur sans doute, auquel j'obéissais presque malgré moi, me contraignait à m'abstenir, comme si j'eusse craint, en me mêlant à ce divertissement, de blesser les regards de celles qui m'appelaient leur amie, leur soeur !
Certes, elles étaient loin de soupçonner de quels sentiments tu multueux j'étais agitée en présence de ce laisser-aller, si naturel pourtant entre jeunes filles du même âge ! "
Camille (extrait n°2)
" Je l'entourai d'un culte idéal et passionné tout à la fois. J'étais son esclave, son chien fidèle et reconnaissant. Je l'aimais avec cette ardeur que je mettais en toutes choses. J'aurais presque pleuré de joie quand je la voyais abaisser vers moi ses longs cils d'un dessin parfait dont l'expression était douce comme une caresse. Comme j'étais fière quand elle voulait bien s'appuyer sur moi au jardin ! Les bras entrelacés nous parcourions ainsi de longues allées bordées de chaque côté d'épais buissons de roses. Elle causait avec cet esprit élevé et incisif qui la caractérisait. Sa belle tête blonde se penchait vers moi, et je la remerciais par un baiser plein de chaleur.
"Léa, lui disais-je alors, Léa, je t'aime !".
Témoignage de Camille
" J'ai 25 ans et, quoique jeune encore, j'approche à n'en pas douter du terme fatal de mon existence.
J'ai beaucoup souffert, et j'ai souffert seul ! seul ! abandonné de tous ! Ma place n'était pas marquée dans ce monde qui me fuyait, qui m'avait maudit. Pas un être vivant ne devait s'associer à cette immense douleur qui me prit au sortir de l'enfance, à cet âge où tout est beau parce que tout est jeune et brillant d'avenir.
Cet âge n'a pas existé pour moi. J'avais dès cet âge un éloignement instinctif du monde, comme si j'avais pu comprendre déjà que je devais y vivre étranger. Soucieux et rêveur, mon front semblait s'affaisser sous le poids de sombres mélancolies. J'étais froide , timide et en quelque sorte insensible à toutes ces joies bruyantes et ingénues qui font s'épanouir un visage d'enfant. J'aimais la solitude, cette compagne du malheur et, lorsqu'un sourire bienveillant se levait sur moi, j'en étais heureuse comme d'un faveur inespérée."
Début de Mes souvenirs de Abel Barbin (né Adélaïde en 1830)
17 septembre 2008
Camille ftm de 1860
Un livre vient de sortir (en 2008) : l'autobiographie de Camille (Alexina Abel) ... un vrai régal !
Il-Elle passe ses adjectifs tantôt au féminin, tantôt au masculin ... malheureusement, elle est passé à "Il" officiellement et s'est tué ... né(e) fille un 8 novembre (certains organisent une Marche ce jour pour cette raison!) et mort en tant que homme ! triste fin !
Nadar a pris des photos de son corps nu et de son sexe ... tête de femme et poitrine d'homme ... pas besoin d'opération ... certes mais sans suivi psy ou associatif ... vie vite finie !
22 juillet 2008
Le mensonge d'une vie
Nous venons d'apprendre la parution d'un nouveau livre ... Il s'appelle "LE MENSONGE D'UNE VIE". Son auteur est Pascal Claire, adhérente de l'ABC.
Citons la présentation de l'éditeur:
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Le mensonge d'une vie | |||
| Pascal Claire | ||||
| « Je me sens plus vivante que jamais. Je ne suis ni masculin ni féminin, simplement moi, l'âme apaisée et prête à tourner mon cœur vers les autres, prête à aimer le monde entier. Je suis fière d'être de sexe masculin, mais mon cœur est féminin. » Pascal est né homme et a vécu pendant quarante ans une véritable lutte intérieure. Aujourd'hui serein et fort de l'amour de sa compagne, il vit avec la nouvelle personne qui a sommeillé en lui pendant si longtemps : Claire. Il raconte ici son histoire, le regard des autres, les doutes, la quête de vérité intérieure et le besoin de reconnaissance. Les mots de ce témoignage plein d'espoir parleront à tous ceux qui se sont un jour demandé : « Qui suis-je ? » Au-delà des différences de sexe, il nous apprend qu'il existe un pays où l'essentiel est de se reconnaître en tant qu'être humain. Pascal Claire vit en Alsace. Il a participé en février 2008 à une émission sur "les amours impossibles" sur France 2. | ||||
Si vous souhaitez l'obtenir, vous pouvez le trouver sur le site de l'éditeur http://www.theles.fr/theles/Fenetres/DetailLivre.php?numLivre=803 , chez Amazon.fr ou chapitre.com ou tout simplement chez votre libraire préféré. Son numéro ISBN est : 978-2-303-00083-3.
